16 Jours d’activisme contre les VBG
Les lois doivent protéger, pas punir

En République Démocratique du Congo, la question des violences basées sur le genre ne peut être dissociée de celle de l’accès aux soins. Lorsqu’une femme ou une adolescente est confrontée à une grossesse issue de violence, la peur, la stigmatisation et la confusion juridique peuvent la pousser vers des solutions dangereuses. Punir l’avortement ou entretenir l’ambiguïté autour de la loi ne supprime pas la réalité ; cela pousse simplement certaines femmes dans la clandestinité, où les risques pour la santé se multiplient.
À Uvira, Bukavu et dans plusieurs zones du Sud-Kivu, les structures de santé font encore face à des complications liées à des pratiques non sécurisées. Les données de santé publique internationales montrent que les avortements non sécurisés figurent parmi les causes évitables de mortalité maternelle. C’est pourquoi les organisations engagées dans cette campagne des 16 jours insistent sur une approche centrée sur la protection, la prévention et la santé publique.
L’objectif poursuivi à travers cette mobilisation collective est clair : réduire les risques, renforcer l’information juridique et garantir que les textes existants soient appliqués dans un esprit de protection et non de stigmatisation. Une loi protectrice contribue à sauver des vies. Une approche punitive, au contraire, peut exposer davantage les plus vulnérables. Construire une société plus sûre pour les femmes passe par des politiques cohérentes avec les droits humains et les standards de santé publique.